Friday, 29 September 2017

Berlin dans la littérature allemande


Berlin Scene de rue 1927
Photo: Friedrich Seidenstücker


Un extrait d'un article de Pierre Deshusses, traducteur et écrivain:


Longtemps, la littérature allemande a méconnu le monde de la ville, lui préférant la Heimat, synonyme de campagne et d’idylle. Il a fallu attendre le début du XXe siècle pour que des écrivains tels qu’Alfred Döblin, Thomas Mann ou Bertolt Brecht fassent vraiment entrer la ville dans la littérature, relayés dans le domaine de la peinture par des artistes comme George Grosz et Otto Dix. Berlin, devenue capitale de la première République allemande, au lendemain de la défaite de 1918, occupe naturellement la première place ; mais, la menace du IIIe Reich se précisant, les écrivains en viennent à voyager de plus en plus, et Paris, Marseille et Nice, lieux de refuge ou d’exil, seront aussi l’objet de descriptions et d’évocations souvent publiées sous forme de reportages pour les journaux auxquels ils collaborent. Ainsi, l’essayiste Siegfried Kracauer (1889-1966) écrivait pour la Frankfurter Zeitung, et le romancier Joseph Roth (1894-1939), éternel exilé allant d’hôtel en hôtel, connut d’abord la gloire comme chroniqueur pour divers journaux allemands et autrichiens.
« Une confusion bien ordonnée ; un arbitraire exactement planifié ; une absence de buts sous une apparence de finalité. Jamais encore autant d’ordre n’a été appliqué au désordre. » C’est ainsi qu’en 1930 Roth appréhende Berlin, symbole à ses yeux d’une histoire allemande marquée par la déchirure. Fascinante et repoussante, la capitale concentre toutes les tares et toutes les qualités d’un intermède démocratique fulgurant mais fragile. La même année, Kracauer va visiter les bureaux de placement berlinois où s’entassent les chômeurs et où « l’attente devient une fin en soi ». On vient ici pour échapper à la solitude, comme on va dans les cabarets et les cafés « où tu sembles le protagoniste sans vie d’époques délaissées ».
L’un et l’autre s’attachent à dresser le portrait d’une ville frémissante qui va bientôt devenir le chaudron de la barbarie. Kracauer est subtil et parfois sentencieux ; Roth est l’homme qui regarde et raconte ce qu’il voit, quitte à cogner. Mais, chacun à sa façon, ils déploient le panorama d’un univers où une beauté à la Blaise Cendrars se niche au creux des dangers. « Un voyage en métro est parfois plus riche d’enseignements qu’un voyage sur les mers ou dans des pays lointains », écrit Roth. 

Du Monde Diplomatique, fèvrier 2014 

Monday, 25 September 2017

U-Bahn, le métro de Berlin

Berlin Station U-bahn Potsdamerplatz 1925
Station Potsdamerplatz

Le métro de Berlin


À la fin du XIXe siècle, on commençait à rechercher des solutions aux problèmes de circulation dans Berlin et les communes limitrophes qui furent annexées plus tard par la ville. Après que plusieurs solutions eurent été étudiées et rejetées, le premier tronçon de métro entre Warschauer Straße et Zoologischer Garten avec une branche vers la Potsdamer Platz fut construit puis mis en service en février 1902. Il s'agissait encore, pour l'essentiel, d'un métro aérien. Peu de temps après, les communes de Wilmersdorf, Schöneberg et Charlottenburg (qui ne faisaient pas encore partie de la ville de Berlin) commencèrent à planifier leur propre ligne de métro qui devait d'abord circuler entre Dahlem au Sud et Spittelmarkt au Nord, puis être prolongée jusqu’à Olympiastadion. Ce réseau primaire à petit gabarit correspond aux actuelles lignes U1, U2, U3 et U4.
Après la Première Guerre mondiale et l'absorption des communes limitrophes dans la Grand Berlin en 1920, les plans d'une ligne de métro entre Wedding et Tempelhof avec une éventuelle branche vers Neukölln - furent mis au point. Cette ligne dite Nord-Sud constitue l'actuelle ligne U6 sauf la branche de Neukölln intégrée de nos jours à la U7. La société AEG entreprit également la construction de sa propre ligne (la GN-Bahn, actuelle ligne U8) entre Gesundbrunnen et Leinestraße dans le quartier de Neukölln en passant par Alexanderplatz. Mais l'achèvement de ces nouvelles lignes fut retardé jusqu'à la fin des années 1920 à cause de la crise économique et la période d'hyperinflation que connut l'Allemagne entre 1918 et 1923. Dans les années 1930, une nouvelle ligne de métro, la future U5, fut construite entre Alexanderplatz et Friedrichsfelde à l'est du centre-ville. Toutes ces nouvelles lignes, contrairement à celles qui existaient, furent construites pour des rames à grand gabarit.
Informations tirées de Wikipedia

Friday, 22 September 2017

Flapper-girls de Berlin


Photo flapper girl 1928
Betty Karrenbauer


Les flappers 

... étaient des jeunes femmes dans les années 20, qui montraient leur dédain pour le style vestimentaire et le comportement conventionnel.
Les flappers étaient surtout connues pour leurs mœurs libres (alcool fort, cigarettes, sexe et autres...).

Le style flapper, originé aux États-Unis, a eu beaucoup de succès en Allemagne aussi, surtout à Berlin.

On reconnaît une flapper à sa jupe courte et à ses cheveux plutôt courts ou coupés au carré, maquillage pâle et petite bouche rouge; des rousses aux yeux noirs avec des grains de beauté. Avec une figure art-déco, elle ne portait pas de corset, contrevenant ainsi la norme sociale des années précédentes. 


L’actrice Louise Brooks en était l’archétype, mais Fräulein Betty Karrenbauer était une flapper pur jus elle aussi. Je doute par contre que Lilian Harvey, le rêve blonde, ait pu être considérée flapper.

Tuesday, 19 September 2017

Lilian Harvey et Irgendwo auf der Welt

Lilian Harvey Berlin Scene de Film 1932
Lilian dans Ein Blonder Traum, avec Willy Fritsch à sa gauche et, au fond, Berlin

Lien pour Irgendwo sur Youtube


Lilian Harvey, née à Londres en 1906 était une actrice et une chanteuse anglo-allemande. Sa mère était anglaise et son père était un homme d'affaires allemand.

Elle rencontre un énorme succès en 1930 avec « Die Drei von der Tankstelle » (remake française : Le Chemin du paradis), première comédie musicale du cinéma allemand, tournée par Wilhelm Thiele.

En 1931, son film franco-allemand Le congrès s'amuse réalisé par Erik Charell, par ailleurs producteur de spectacles de revue, est un des plus grands succès de l'année dans les salles françaises.

Elle est chassée d'Allemagne par les nazis qui confisquent sa fortune (dont elle récupérera une partie par la suite).
La chaîne Arte a montré récemment une comédie où Lilian joue le rôle principale, accompagnée par Willy Fritsch : « Laissez faire les femmes ». Un film inhabituel puisque il est réalisé sous le nazisme, en 1936 et que l’action est située à New York, même si tous parlent allemand. 
 
"Irgendwo auf der Welt" ("Quelque part dans le monde") est une chanson composée par Werner Richard Heymann pour le film de 1932 « Un rêve blonde » (Ein Blonder Traum). Les paroles sont de Robert Gilbert.

À l'origine interpretée dans le film par Lilian, "Irgendwo..." est devenue l’une des plus renommées grâce au sextet allemand, les Comedian Harmonists.
En 2006, la chanteuse allemande Nina Hagen a utilisé le nom de la chanson comme titre de son album de covers of swing / jazz classics.
Lilian Harvey
Lilian Harvey


Saturday, 16 September 2017

Plaques commémoratives à Berlin

Berlin Plaques commemoratives


Comme toute capitale qui se respecte, Berlin prend souci de rendre hommage à ses habitants ou visiteurs célèbres. Devant les adresses concernées on fixe, depuis 1986, une plaque en porcelaine blanche avec texte bleu. Avec leur aide, on peut découvrir les demeures d’artistes, écrivains et politiciens qui dans une période de leurs vies ont séjourné ou habité Berlin. La liste est longue : Walter Benjamin, Lilian Harvey, Vicki Baum, Konrad Adenauer, Irmgard Keun, Kurt Weill. Mais aussi David Bowie, Mark Twain (qui avait dit de Berlin que la ville était un centre d’intelligence lumineux), Albert Einstein, le champion de boxe Max Schmeling, le réalisateur hollywoodien Ernst Lubitsch, Hannah Arendt.
Mais on signale également les sites de bâtiments célèbres disparus : théâtres, salles de cinéma, cafés.

Thursday, 14 September 2017

Louise Brooks


Affiche Louise Brooks Boite de Pandore

Quand on parle de Berlin, de berlinois célèbres, ou de personnages qui ont contribué à la légende de Berlin, on tombe souvent (le plus souvent?) sur des filles et des gars nés dans d’autres villes allemandes voire dans d’autres continents. Il y a Brecht, il y a Billy Wilder, Vera Broïdo, Margo Lion, Alfred Döblin… Et pour ajouter encore un nom, souvenons nous de la grande, de la iconique Louise Brooks, la protagoniste du grand classique « Loulou », de Georg Pabst (1929), la femme qui rendit populaire la coiffure à la garçonne. Née, non pas à Friedrichshain ni à Kreuzberg mais bien à Cherryvale (Kansas) en 1906.
Actrice Louise Brooks

Tuesday, 12 September 2017

Histoire de Berlin (pour les nuls?)


Berlin Porte Brandebourg 1928

Non, pas du tout pour les nuls mais bien pour les assoiffés de connaissance. Le texte qui suit est tiré du site visitberlin.de 



La Première Guerre mondiale qui se répand tel un incendie en raison d'obligations d'alliance, engendre la mort de 17 millions de personnes dans le monde. La lassitude de la guerre, la pauvreté et la faim ne font qu'augmenter l'indignation du peuple. Leur protestation atteint son point culminant lors de la révolution de 1918 lorsque Philipp Scheidemann (SPD) proclame la république le 9 novembre du haut du balcon du Reichstag, à Berlin.
La république de Weimar : soulèvement spartakiste
La guerre est perdue, l'empereur a abdiqué et la jeune république cherche la stabilité. À la poursuite d'une république socialiste des conseils ouvriers, le nouveau parti communiste allemand (KPD), fondé par Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht  n'arrive pas à s'imposer. Le soulèvement spartakiste du 5 au 12 janvier 1919 qu'ils initient dans certaines parties du centre de Berlin  est anéanti de manière sanglante par les unités des corps francs fidèles au régime. Les sociaux-démocrates du SPD s'affirment en tant que groupe parlementaire le plus fort lors des élections de l'assemblée nationale. Friedrich Ebert est élu président du Reich, et Luxemburg comme Liebknecht sont assassinés dans le parc du Tiergarten par des soldats des corps francs.

Berlin, métropole (culturelle)

Grâce à la « Loi formant le Grand-Berlin » de 1920, Berlin devient une des plus grandes villes industrielles d'Europe. Les droits fondamentaux et libertés personnelles instaurés par la Constitution de Weimar permettent l'ascension de la ville sur la Spree au rang de métropole culturelle des années 20. L'Art et la Culture connaissent alors un essor jusqu'ici impossible. Les artistes les plus importants de l'époque se rencontrent au Romanischen Café sur le Kurfürstendamm (Bertolt Brecht, Otto Dix, Max Liebermann, Erich Kästner, Joachim Ringelnatz, Billy Wilder, entre autres) et Josephine Baker introduit le Charleston en Allemagne – avec sa représentation en 1926 au théâtre Nelson sur le Kurfürstendamm. En 1928, le « Dreigroschenoper » de Brecht et Kurt Weill fait sa première au théâtre sur le Schiffbauerdamm et devient un succès mondial. En plus du boom de la vie nocturne berlinoise proposant spectacles de divertissement et variétés, la ville se développe aussi la journée. En 1921, Berlin bénéficie avec AVUS de la première autoroute du monde, en 1923 l'aéroport de Tempelhof est inauguré et en 1926 la tour émettrice de radio est ouverte au public lors de la troisième exposition de la radio.

La crise économique mondiale

L'assemblée nationale qui siège tout d'abord à Weimar en raison des troubles politiques intérieurs se voit obligée de signer le 23 juin 1919, sous la pression des puissances de l'entente, le Traité de Versailles et d'accepter de reconnaitre que le début de la Première Guerre mondiale relève de la seule responsabilité de l'Allemagne. Le paiement des réparations qui en résulte s'élève à 132 milliards de marks allemands et pèse fortement sur le Reich allemand. Cela donne aussi à l'extrême droite une raison qui tombe à pic pour combattre la république. La crise économique mondiale qui gagne également Berlin en 1929 conduit 664 entreprises à la faillite et le nombre de chômeurs atteint 450 000 personnes. Jusqu'en 1932, la production industrielle de la ville se retrouve réduite de moitié et le taux de chômage atteint 30,8 pourcent. Les 600 000 Berlinois concernés ne peuvent qu'espérer recevoir l'aide de l'association d'aide sociale aux travailleurs (AWO), dans la mesure où ils n'avaient pas contribué à l'assurance chômage en place depuis 1927.

Croissance du NSDAP

La légende du coup de poignard dans le dos, la question de la responsabilité dans la guerre, la crise économique mondiale, la pauvreté, la faim et le manque de perspectives rendent le peuple allemand réceptif à la propagande du NSDAP (parti des travailleurs allemands national-socialiste) qui travaille à la suppression de la république depuis 1920. Après que l'interdiction de parler imposée à Hitler est levée également en Prusse, il s'adresse pour la première fois en public en 1928 au Palais des Sports berlinois. Les bagarres dans les établissements et dans la rue de plus en plus courantes à la fin des années 20 entre la Sturmabteilung nationale-socialiste (SA) et le Roten Frontkämpferbund (RFB) communiste trouvent leur apogée lors du « Mai sanglant » de 1929 avec 30 morts, 200 blessés et 1 200 emprisonnements. Le NSDAP remporte 5,8 % des voix et donc 13 mandats au conseil municipal lors des élections de l'assemblée des conseillers municipaux du 17 novembre 1929. En 1932, le NSDAP remporte les élections du Reichstag en juillet (37,4 %) ainsi qu'en novembre (33,1 % / Berlin : 25,9 %) – à la suite de quoi le président du Reich Hindenburg transmet à Hitler le convoité titre de chancelier du Reich le 30 janvier 1933.

Sunday, 10 September 2017

Volker Kutscher, écrivain berlinois de Cologne

Volker Kutscher Le Poisson Mouillé

Volker Kutscher, historien et germaniste, est né le 26 décembre 1962 à Lindlar (Allemagne). Il a débuté comme journaliste avant de se tourner vers le roman policier. Actuellement il vit à Cologne.

Le Poisson mouillé est le premier volet d'une série d'enquêtes du commissaire Gedeon Rath. Je ne l’ai pas lu, mais il paraît intéressant et son sujet est précisément celui de ce blog. Ce qui n'est pas tout à fait le cas de Philip Kerr, dont la bien connue "trilogie berlinoise" se passe non pas à l'époque de la république de Weimar mais déjà sous le joug nazi, vers 1935.

« Après la répression des émeutes communistes du 1er mai 1929, la police de Berlin n'a plus droit à l'erreur. Et avec le cadavre d'un mystérieux Russe sur les bras, la tâche s'annonce ardue. Seul le commissaire Gereon Rath, fraîchement débarqué de Cologne, connaît son identité. Face à l'hostilité de ses collègues et à la corruption, il va devoir se salir les mains s'il veut gagner ses galons. »

Critique de Gilles Heuré dans Télérama :

« Willkommen, bienvenue, welcome ! » : on se souvient de la chanson de Cabaret, le film de Bob Fosse. Bienvenue donc à Gereon Rath, jeune commissaire de police venu de Cologne, qui débarque à Berlin en cette année 1929. Affecté à la police des moeurs, mais impatient de passer à la Criminelle, Gereon Rath va devoir résoudre plusieurs affaires qui témoignent d'une société weimarienne en pleine décomposition. Une enquête sur des photos porno représentant l'empereur Guillaume II en petite tenue ne serait rien s'il ne fallait aussi comprendre pourquoi un Russe au corps torturé se retrouve dans le Landwehrkanal.


L'intrigue policière, haletante à souhait, prend un autre relief dans le climat berlinois de 1929. C'est toute la complexité de l'Allemagne prête à glisser dans le nazisme qui transparaît ici. Les quartiers « rouges » en ébullition, qui font craindre à la police un putsch en préparation, l'opposition entre communistes et sociaux-démocrates, les milices paramilitaires et l'action souterraine des Ring­vereine, ces associations de malfrats qui se partagent les quartiers : c'est dans cette atmosphère que le jeune commissaire Rath évolue. Ajoutons à cela des relations tendues avec une logeuse hystérique, des rapports amoureux fluctuants avec une jeune dactylo, et, pour couronner le tout, l'ambiance délétère des boîtes de nuit berlinoises... Ce roman noir et brun politico-sanglant, premier volet d'une trilogie annoncée, a tout pour meubler les insomnies.

SUR CE ROMAN, UNE SÈRIE TV EST RÉCÉMMENT SORTIE, QUI CONNAÎT UN GRAND SUCCÈS: "Babylon-Berlin". J'ignore sa date de lancement en France, mais je l'attends impatiemment.

Friday, 8 September 2017

Bagarre à la Leipzigerstrasse

Berlin Kristallnacht

Un extrait de « Adieu à Berlin », de Christopher Isherwood :


Une nuit d’octobre 1930, environ un mois après les élections, il y avait une grande bagarre à la Leipzigerstrasse. Les gangs des nazis sont venus se manifester contre les Juifs. Ils brutalisaient des piétons aux cheveux noirs et aux gros nez et brisaient les fenêtres de tous les magasins juifs. L'incident n'était pas en soi très remarquable; Il n'y a pas eu de morts, très peu de fusillades, pas plus d'une douzaine d'arrestations. Je m’en souviens seulement parce que c'était ma première introduction à la politique de Berlin.

Fräulein Mayr, bien sûr, était ravie : "Bien fait!" s'écria-t-elle. "Cette ville est malade de Juifs. Retournez une pierre, et quelques-uns d'entre eux vont ramper. Ils empoisonnent l'eau que nous buvons! Ils nous étranglent, ils nous volent, ils nous sucent le sang. Regardez tous les grands magasins: Wertheim, KDW, Landauers. Qui les possède? Des sales voleurs, des Juifs ! »

"Les Landauers sont des amis personnels à moi," rétorquai-je lentement, et quittai la chambre sans donner à Mlle. Mayr le temps de penser à une réponse appropriée.

Ce n'était pas strictement vrai. En fait, je n'avais jamais rencontré un seul membre de la famille Landauer. Mais, avant de quitter l'Angleterre, un ami commun m'a remis une lettre de présentation. Je me méfie des lettres de présentation, et je n'aurais probablement jamais utilisé celle-ci, si ce n'était à cause de la remarque de Mlle. Mayr. Maintenant, perversement, j'ai décidé d'écrire à Frau Landauer sur le champ.

Wednesday, 6 September 2017

Encore Isherwood (et encore Berlin)

Christopher Isherwood documentaire BBC

D'un article sur le site de la BBC:


Christopher Isherwood arrive à Berlin en 1929. Il a récemment abandonné sa formation médicale à Londres et a publié un roman sans succès. À 24 ans, il savait qu'il avait besoin d'un nouveau départ - et, lorsqu’ il quitte l'Allemagne en 1933, il a trouvé le matériel pour se faire un nom comme écrivain.

Ses histoires semi-autobiographiques du Berlin d'avant Hitler ont eu beaucoup d’influence, d'abord dans la littérature puis, retravaillées par d'autres comme pièce de théâtre, musical et à l'écran.

Isherwood est allé en Allemagne pour rejoindre son ami, le poète WH Auden. Les deux jeunes hommes, tous deux homosexuels, cherchaient des stimulants intellectuels, mais ils espéraient également des divertissements plus charnels. Comme Isherwood l'a rappelé beaucoup plus tard: "Pour Christopher, Berlin signifiait des garçons".

"Le père d'Auden avait offert de payer une année sabbatique à son fils. Il a choisi Berlin, je pense, en raison de l'atmosphère sexuelle", explique le professeur Norman Page, qui a écrit un livre sur les deux écrivains à Berlin.

"Sans doute, il a écrit des lettres excitées et excitantes à Isherwood l'exhortant à se joindre à lui. Auden est rentré au pays, mais Isherwood est resté presque quatre ans et n'a jamais réellement vécu en Grande-Bretagne".



Cliquez ici pour voir le texte complet de l'article

Saturday, 2 September 2017

Hans Baluschek

Peintre Hans Baluschek Rue de Berlin 1930

Une scène de rue. À Berlin bien sûr, mais où exactement ? Difficile à dire. Ça pourrait être la Bülowplatz, aujourd’hui Rosa-Luxemburg-Platz, dans les quartiers Est. À gauche, deux hommes à casquette, des ouvriers peut-être. L’un d’eux porte une épingle rouge sur sa veste. Pas la Légion d’Honneur, à coup sûr. Probablement un emblème du Parti Socialdémocrate (SPD).

L’auteur du tableau s’appelait Hans Baluschek et il était justement membre du SPD. Il est mort en 1935, à 65 ans, après avoir été classé comme « artiste dégénéré » par le régime nazi et interdit donc -comme tant d’autres artistes de valeur- d’exercer son métier de peintre.

Conrad Felixmüller

Conrad Felixmüller (1897-1977) est né à Dresde. En 1916, Lyonel Feininger et lui exposèrent à Berlin, dans la célèbre galerie Der ...