Tuesday, 30 January 2018

Berlin avant la catastrophe

Arvid Brenner Kompromiss Novel

L'auteur et traducteur suédois Arvid Brenner est né en 1907 à Berlin sous le nom de Fritz Helge Heerberger. Il  est mort à Stockholm en 1975.

Il étudia en Allemagne et s'installa en Suède après la prise du pouvoir par les nazis en 1933. Brenner devint citoyen suédois en 1938 et écrivit des chroniques dans des journaux Un auteur populaire dans les années 1940, il a ensuite été oublié pendant de nombreuses années, jusqu'à ce qu'Ingemar Hermansson publie une biographie sur lui.

Son roman Kompromiss (Le Compromis), publié en suédois en 1934, décrit l'atmosphère à Berlin, juste avant qu'Hitler ne prenne le pouvoir, ce que les gens ressentaient à l'époque, ce dont ils parlaient et rêvaient. Curieusement, le roman ne semble pas être traduit, même pas en allemand, bien qu'il soit un document fort intéressant sur l'histoire allemande.

  Voici un court extrait du roman d ' Arvid Brenner :


J'avais rencontré Nina lors d’une fête dans l’atelier d’un artiste. Pour une raison quelconque, elle me trouvait attractif, et je n'ai pas résisté. Je souffrais encore trop de complexes d'infériorité pour ne pas me sentir flatté par l'attention d’une telle fille. Oui, Nina était mignonne. Mignonne exactement de la même manière que des milliers d'autres filles en Europe et en Amérique. Son apparence était ordinaire, de type standard. Ou peut être pas. / ... /

Elle ne 
cherchait pas à mettre la main sur un millionnaire, elle voulait devenir elle-même riche. Probablement elle y réussirait, parce qu'elle était énergique, déterminée. Je ne l'ai pas compris clairement le premier soir, mais je finit par le faire. Parce que nous continuions à nous rencontrer. Nina avait un repaire, un petit bar intime, le Jockey-bar, où on s'asseyait dans de petites loges en velours rouge et on buvait un mélange infernal de crème glacée, eau gazeuse, gin et petites baies de couleurs criardes qui coûtaient deux marks le verre. J'ai dit que je ne paierais pas ça. Nina répondit qu'elle payait trente pfennig pour le breuvage, elle était bonne amie avec le patron du lieu. Un petit mais bon orchestre jouait, et il y avait toujours le même public, un mélange de Kurfürstendamm et d'éléments plus ou moins pervers et douteux. /.../

Nina trouvait bon de développer des «intérêts spirituels» (comme elle disait), à coté de sa praticité froide et moderne. Elle disait que les gens qu’elle connaissait étaient superficiels, et elle avait envie de natures plus «profondes». Elle aimait discuter avec moi des questions du jour et me parler de l'insatisfaction de son âme. /.../

Elle et Paul Dunker avaient une entreprise ensemble, qu'ils ont fondé avec une petite fortune qu’elle avait hérité. Ils faisaient des meubles et des décorations de maison ultra-modernes. Paul avait fait une école d'art et d'artisanat renommée, qui prônait un style fonctionnaliste radical et était détestée par tous les réactionnaires, puisqu’elle était considérée «de culture bolchevique», d'autant plus qu'elle était vraiment vaguement communiste. Paul, de son côté, n'avait aucun intérêt pour le communisme. Ses seules opinions étaient qu’il avait droit à faire ce qu’il lui plaisait, et que c'était une bonne chose de faire de l'argent avec des meubles fonctionnalistes. /.../

Paul et Nina étaient des représentants à part entière d'une certaine jeunesse moderne - endurcie, efficace, américanisée - qui n'avait ni inhibitions ni rêves, qui ne voulait autre chose que réussir. Ils étaient sans aucun doute très sains, et le fait qu'ils aimaient parfois se laisser aller à des vices divers n'avait pas d'importance. Nina avait l'habitude de dire qu'elle avait pris de la cocaïne pendant un certain temps. Que cela ait été vrai ou non - en tout cas, elle n'avait jamais devenue accro, son instinct de conservation était trop fort pour ça. /.../

Frau Dunker, la mère de Paul, habitait dans un quartier nouvellement construit dans l’extrême Westend. C'était la nuit et nous regardions l'éclat du phare de la tour radio qui balayait le ciel noir. On entendait, faible et lointain, le bruit de la circulation.
"Aimez-vous Berlin?" demandai-je au hasard.
Elle fit un geste comme si elle gelait en pleine chaleur d'août. Puis elle dit:


«Si vous saviez comme j'ai horreur de Berlin, je ne pense pas qu'il y ait une ville aussi désagréable dans le monde: elle n'a pas d'atmosphère à elle, c'est comme une immense gare où tout le monde est de passage et où personne n’habite. Tout est affreux et désolé ici. Stuttgart me manque, il y a de si belles forêts, là-bas. Ici il y a aussi des forêts, mais elles n'ont pas de mousse et sont pleines de monde.

Ma propre traduction

Arvid Brenner
Arvid Brenner, auteur germano-suédois

Friday, 26 January 2018

Le Berlin de Weimar ou le Weimar de Berlin ?


Quand on parle de l’époque Weimar o de la culture de Weimar, on pense immédiatement à Berlin. Je n’ai jamais entendu parler du Hambourg de Weimar ou du Munich de Weimar.

La ville de Weimar, située à  300 km de Berlin, avec une position centrale dans la carte de l’Allemagne, était toute petite quant à sa population, mais elle avait une grande importance dans l’histoire de la littérature. Elle avait été le centre de l’ainsi appelé Classicisme de Weimar, à la fin du XVIIIe siècle et début du XIXe siècle, marqué par l'activité de plusieurs grandes écrivains installés dans la ville, dont Wolfgang von Goethe et Friedrich von Schiller.

Sans trop réfléchir à la question, j’ai longtemps cru que la république allemande fondée en 1919 avait sa capitale, non pas à Berlin mais à Weimar.

Faux : Weimar n’a jamais été capitale, même si Bonn, une autre ville de traditions culturelles (Beethoven y était né) le devint en 1949. Mais voici pourquoi le nouvel état allemand a porté le nom de Weimar :

Le 9 novembre 1918, la défaite allemande dans la Grande Guerre constatée, le Kaiser Guillaume est forcé d’abdiquer et la République est proclamée au palais du Reichstag à Berlin.
Statue Goete_Schiller_Weimar
Goethe et Schiller devant le théatre de Weimar
 


Les élections à une Assemblée nationale constituante ont lieu le 19 janvier 1919. À cette date, les partis de gauche ne sont pas vraiment organisés, et le parti communiste KPD a refusé de se présenter aux élections, ce qui mène à une solide majorité en sièges pour les mouvements modérés. À lui seul, les sociaux-démocrates du SPD obtiennent 45 % des suffrages exprimés, ce qui permet à Ebert de devenir le premier président de la jeune république. Pour éviter les sanglantes émeutes en cours à Berlin, l’Assemblée nationale constituante décide de se réunir, non pas dans la capitale du Reich mais dans le Théâtre National de la ville de Weimar, donnant ainsi son nom à la nouvelle république.

Ceci était dû à la situation toujours turbulente de Berlin; mais Friedrich Ebert, le leader social-démocrate, préconisait ce lieu aussi au motif qu'il serait probablement perçu de manière positive dans le monde le fait de combiner « l'esprit de Weimar » avec la construction du nouvel état allemand.

Weimar n’était pourtant pas la seule alternative : les noms de Bayreuth, de Nuremberg et de Iéna ont été aussi évoqués. On parlerait dans ce cas de la République de Bayreuth, et le nom de ce blog serait probablement Berlin-Bayreuth, ce qui ferait penser davantage à la musique de Wagner qu’à celle de Kurt Weill.

Weimar devint par ailleurs le siège du Bauhaus, la célèbre école d’art, fondée également en 1919.

Il faut dire que les contemporains parlaient de « République Allemande ». Ce n’est qu’après la Deuxième Guerre Mondiale que la dénomination « de Weimar » a fini par prévaloir (Weimarer Republik).





Tuesday, 23 January 2018

Un roman berlinois de Gabriele Tergit

Gabriele Tergit - Käsebier erobert den Kurfürstendamm

Le roman "Käsebier conquiert la Kurfürstendamm".


Une symphonie littéraire de la grande ville.


En 1931, la journaliste Gabriele Tergit fait son début littéraire avec "Käsebier conquiert la Kurfürstendamm". Le livre a immédiatement rendu l'auteur célèbre. Avec l'histoire de l'ascension inattendue d'un humble chanteur, Tergit livre également une image époustouflante qui n'a rien perdu de son vigueur à ce jour.

Berlin vibre. C'est l'année 1929, la ville a plus de quatre millions d'habitants, partout on construit, les dancings, les cafés et les revues de Nollendorfplatz sont bondés, les dames apprennent la boxe, conduisent des voitures, prennent un doctorat. Les messieurs font des affaires. Sauf si ils sont ruinés par la crise économique.

Heure de pointe au journal «Berliner Rundschau» (nom fictif). L'éditeur Miermann, solidement éduqué mais vieux jeu, confie à son jeune collègue Gohlisch, un esthète enclin à la boxe, un article sur le chanteur populaire Käsebier.

Käsebier (fromage de bière en allemand) devient, dans les mains de la presse, une nouvelle icône de la culture populaire dont tous profitent.

Il devient une marque, même des cigarettes portent son nom. Vraisemblablement, Tergit connaissait la cohue médiatique entourant Joséphine Baker à Paris: il y avait des poupées, des costumes, des parfums et des cosmétiques de Joséphine Baker.

Le roman a paru la même année que « Fabian » de Erich Kästner, une autre vision critique du Berlin de Weimar.

« Käsebier » vient de paraître en français traduit par Pierre Deshusses, chez Christian Bourgois, sous le titre « L’inflation de la gloire ».

Friday, 19 January 2018

Le siffleur des Six Jours de Berlin

Reinhold Habisch -Berlin Six Days Race
Quand on se penche sur le Berlin d’entre-deux-guerres, la documentation graphique est richissime. Si on s’intéresse par contre au Paris de Victor Hugo, où au Londres victorien, on n’a accès qu’à une quantité limité de daguerréotypes et aucun enregistrement de son, encore moins de film.

Sur le Berlin des années 1920 on trouve énormément de photos. Des gens sirotant un café à l’une des terrasses de la Kurfürstendamm, admirant un spectacle de variétés à l’Admiralspalast, ou montant dans un tramway qui les amènera de l’Alexanderplatz à la rue de Potsdam. Mais si on veut savoir un peu plus sur ces gens, si on veut « zoomer » la photo, on rencontre les limites de la documentation : la définition n’est pas infinie, au bout d’un certain degré d’agrandissement, les détails de l’image se diluent en particules de gris, de blanc, de noir. On ne peut pas savoir où habite cette fille qui saute gracieusement sur une flaque d’eau dans la rue, si elle est mariée et avec qui, pour quel parti elle vote, où est son lieu de travail et où elle va pour s’amuser le samedi soir.

Mais des fois on peut mettre un nom sur le visage, et mème une biographie. Le monsieur en train de siffler sur la photo tout en haut par exemple :

En fouillant dans cet archive presque inépuisable qui est Internet, on apprend qu’il s’appelle Reinhold Habisch. qu’il est né à Berlin en 1889, dans un immeuble pauvre de la Strausberger Platz. Il voulait devenir coureur cycliste mais un accident en montant sur un tram le priva du plein usage de ses jambes. Mais il continua de s’intéresser au sport, et tout spécialement à l’un des plus grands evénements sportifs de Berlin, la Course de Six Jours.

La première course de six jours d'Europe eut lieu à Berlin en 1909 dans les salles d'exposition du zoo; En 1911, elle fut déplacée au Sportpalast (Palais des Sports). Après une interruption pendant la Première Guerre mondiale, elle est devenue un véritable événement social dans la République de Weimar. Les spectateurs suivaient les mouvements des cyclistes mais pas seulement ça; on mangeait, on buvait et on fumait. Il y avait une orchestre aussi, pour animer davantage le spectacle.

L'audience était composée de toutes les couches de la population. Alors que les meilleures places étaient réservées à la « bonne société », les ouvriers et les employés se pressaient au sol et dans le rang supérieur (le Grenier à Foin) . Ici étaient surtout les vrais amateurs de cyclisme qui étaient souvent eux mêmes membres d'un club de cyclisme et donc réellement intéressés par la course. Pour leur part, les membres des classes supérieures voyaient la course plutôt comme un divertissement, qui pouvait être visité dès que les théâtres et les salles de concert aient fermé. Ils y allaient davantage pour voir et être vus que par  intérêt pour le sport.




Film poster Um_eine_Nasenlänge
Affiche du film
Film poster Um_eine_Nasenlänge
"Um eine Nasenlänge"
                    


Cependant, les différentes couches de la société ne étaient pas strictement séparées. L'atmosphère de fête populaire de la course  rendait possible un échange à travers les rangées de sièges et les limites sociales, ne serait-ce que de manière acoustique. Le meilleur exemple était Reinhold Habisch, surnommé Krücke ( béquille) au cause des suites de son accident. Son rêve d’une carrière cycliste avait eu un fin abrupte, mais il est resté fidèle au sport tout au long de sa vie en tant que spectateur et adepte. Par ses commentaires drôles et irrévérents et surtout par son sifflement caractéristique, il devint le chef du « grenier à foin » et le roi secret du Sportpalast, celui à qui il était permis de se mêler aux « stars », aux célébrités. De temps en temps, il était engagé comme animateur pour des courses de six jours dans d'autres villes comme Dresde ou Breslau. Il joue dans deux films sur la course de six jours, dont « Um eine Nasenlänge » (« D’un poil »), de 1931. Et en 1928, Max Schmeling, le champion de boxe, lui  fait don de 3.000 marks, le capital de démarrage pour un magasin de cigares, qui il ouvre à la Kommandantenstrasse.

Mais ce sifflement qui fit la gloire de Krücke Habisch, à quel moment intervenait-il? Eh bien, pour le savoir il faudra nous approfondir (c’est une manière de dire) dans l’histoire de la musique viennoise.

En 1892, le viennois Siegfried Translateur, alors âgé de seulement 17 ans, compose un vals nommé Wiener Praterleben (La vie dans le Prater viennois). Dans sa composition, Translateur a intégré le battement de mains qui était coutume au Prater de Vienne comme un accompagnement obligatoire. La pièce était déjà relativement populaire, car elle avait été jouée dès 1923 aux Six Jours de Berlin. C'est Krücke  Habisch qui eut l'idée de remplacer les applaudissements par des sifflets: le Waltz du Palais des Sports, le Sportpalastwalzer  est né.

Pour écouter un enregistrement de 1932, avec la voix de Alexander Flessburg, cliquer ici:


https://www.youtube.com/watch?v=0ujSE_UWXNY




L'histoire de cette valse illustre deux choses: d'abord, que le développement des loisirs sportifs modernes a eu lieu dans un contexte international. Ainsi, la musique est passée de Vienne à Berlin, la compétition sportive elle-même a été importée de New York. En second lieu, il montre que ces formes de divertissement distribués internationalement trouvent une expression locale: la course de six jours était un événement spécifique à la ville avec une très forte notoriété locale et des modèles de référence berlinois. Ce fut notamment le cas de la participation active du public aux Six Jours.

Alors que le public dans les théâtres et les salles de cinéma est silencieux afin de se concentrer pleinement sur la performance artistique, au Palais des Sports le public pouvait s’exprimer librement. De fait, ses chants étaient une partie irremplaçable du spectacle, de l’ »œuvre d’art totale » qui se mettait en scène une ou même deux fois par an pendant les années 1920.

Un enregistrement de gramophone de 1932 donne encore aujourd'hui une impression vivante. On entend les cris du public, les argumentaires des vendeurs de rafraîchissements, les échanges de mots salaces entre les sexes, et aussi, évidemment, les sifflements de « Krücke », sans oublier l’orchestre du Palais des Sports.

Le Sportpalastwalzer fait ainsi partie d'un patriotisme local acoustique (et bien commercial) spécifique à Berlin,  et le sifflement de "Krücke" devient une marque sonore de la ville.


Krücke Habisch a survécu la guerre et n'est mort qu'en 1964, dans son Berlin natal. Siegfried Translateur par contre, suivit le destin de tant de juifs allemands et autrichiens: il fut assassiné au camp de Theresienstadt en 1944. Quant au Sportpalast, il fut démoli en 1973.





Information tirée en grande partie du site de la Bundeszentrale für politische Bildung.

http://www.bpb.de/gesellschaft/kultur/sound-des-jahrhunderts/209786/sport-und-vergnuegungskultur


Monday, 15 January 2018

Les six jours de Berlin, vus par Egon Erwin Kisch

Six Days Race Berlin

Les Six Jours de Berlin sont une course cycliste qui se tient chaque année.




L'événement eut sa première en 1909 et il est devenu particulièrement populaire dans les années 20, lorsqu’il avait lieu dans le légendaire Sportpalast. Ce n'était pas seulement un événement sportif, mais aussi social. Des artistes connus et des célébrités sportives - des boxeurs à succès comme Max Schmeling, Karl Mildenberger, Bubi Scholz ou Wladimir Klitschko – ne manquaient pas cette occasion de se présenter en public et même de donner le signal de départ.



Le « reporter enragé » Egon Erwin Kisch, a écrit un article célèbre sur la course et la fascination qu'elle exerçait sur les Berlinois de tous les âges et classes sociales. Ici, une traduction qui pourrait être meilleure, mais qui donne, je l'espère, une idée du texte original, ainsi que du style magnifique du célèbre journaliste.



«Pour la dixième fois, la course de six jours fait rage au Sportpalast de la Potsdamer Straße. Treize cyclistes, chacun faisant partie d'un couple, ont commencé à pédaler vendredi à neuf heures du soir, sept mille personnes prenaient leurs coûteux sièges, et depuis lors, jour et nuit, nuit et jour, les treize ont évolué frénétiquement dans le fou carrousel qui est cette course. /.../


Pendant six jours et six nuits, ces treize coureurs ne regardent ni à droite ni à gauche, mais seulement en avant, et pourtant ils restent toujours au même endroit, toujours dans l'ovale du vélodrome, sur les longs côtés ou sur la courbe ascendante, presque verticale, se guettant les uns les autres, parfois en tête de l'essaim, parfois en arrière et parfois - et alors le public rugit: "Hipp, hipp!" - quelques mètres en avant ; mais après un ou deux tours de plus, l'empressé regagne l'endroit où il se trouvait auparavant et le voilà de retour au troupeau.

Un manège assasin.

Ils restent donc tous au même endroit même lorsqu'ils se précipitent, parcourant l'Europe en diagonale, de Constantinople à Londres et de Madrid à Moscou. Mais ils ne voient ni le Bosphore, ni Lloyd George, ni l'Escorial ni Lénine, aucun harem et pas une seule dame chevauchant à Hyde Park, pas même l’ombre d’une Carmen séduisant Don José, et aucun socialiste aux courts cheveux noirs avec la «Doctrine de la Plus-value» de Marx dans sa poche.

Six jours et six nuits treize paires de jambes pressent sur les pédales, la jambe droite sur la pédale droite, la jambe gauche sur la pédale gauche, treize dos courbés, tandis que la tête se tourne, une fois vers la droite, une fois vers la gauche et treize paires de mains ne font rien d’autre que de s’accrocher au guidon.


Ses treize partenaires sont maintenant épuisés, et se font masser dans les cubicules souterraines. Six jours et six nuits. Dehors, les livreurs transportent les journaux du matin, conduisent les premières voitures des tramways hors de leur dépôt, les ouvriers vont aux usines, un mari donne à sa femme le baiser du matin, un policier remplace l'autre au coin de la rue, des gens vont au café, quelqu'un se demande s'il devrait mettre la cravate rayée grise et noire aujourd'hui, ou la brune, le dollar monte, un criminel décide finalement d'avouer, une mère donne une fessée à son enfant, des machines à écrire hochent, des sirènes d'usine appellent à la pause déjeuner, une pièce de Georg Kaiser est jouée au Deutsches Theater, une pièce dans laquelle la course de six jours joue aussi un rôle, (Kisch se réfère ici à la pièce expressionniste «Von morgens bis mitternachts», Du matin au minuit) le serveur oublie d’amener le bifteck, un patron licencie un employé qui a quatre enfants, devant une caisse de cinéma une centaine de personnes font la queue, un débauché séduit une fille, une dame a ses cheveux teints, un écolier fait ses devoirs d’arithmétique, au Reichstag il y a des scènes orageuses , dans la salle de la Philharmonie un festival indien, dans les maisons des gens assis aux toilettes lisent le journal, quelqu'un rêve de se retrouver dans une salle de bal en chemise et caleçon, un lycéen ne peut pas dormir car demain il ne sera peut être pas capable de prouver le théorème de Pythagore, un médecin ampute une jambe, des gens naissent et des gens meurent, un bourgeon fleurit et une fleur se fane, une étoile tombe et un cambrioleur grimpe sur un mur, le soleil brille et des recrues s’exercent au tir, le tonnerre gronde et des directeurs de banque tiennent une réunion, dans le jardin zoologique les prédateurs sont nourris et un mariage a lieu, la lune brille et la conférence des ambassadeurs prend des décisions, l'homme est bon et l'homme est mauvais – et pendant ce temps là les treize avec leurs fesses sur un triangle de cuir, pédalent sans arrêt, sans cesse autour de la piste, avec la tête chauve et les jambes velues, hochant la tête, à droite, à gauche, à droite, à gauche.

La terre aussi tourne autour, pour recevoir la lumière du soleil. Tout comme la lune, pour donner de la lumière nocturne à la terre. Les roues tournent pour produire de la richesse. Il n’y a que l'homme pour tourner inutilement le long de son arbitraire ellipse, six jours et six nuits, pour rien.

/ ... /

Un inquisiteur qui aurait concocté un tel supplice aurait été attaché lui-même à la roue dans le Moyen Âge le plus sombre. Mais au vingtième siècle, les courses de six jours sont nécessaires. Il faut qu'il y en ait ! Les gens l'exigent. Le vélodrome aux treize maillot est l'échelle manométrique d'une humanité chauffée avec des envies de sensations fortes, avec la volonté extatique de protester contre la commodité et la mécanisation.
/.../

Du matin jusqu'à minuit le stade est plein, et de minuit jusqu'au matin les affaires vont encore mieux. Un pont traverse le haut de la piste et mène à la zone centrale; le traverser vous coûtera deux cents marks. A l'intérieur de la piste il y a deux bars avec des groupes de jazz, où une coupe de champagne vous coûtera trois mille marks papier et une bouteille vingt mille. Des dames devêtues de robes de soirée sont là, des criminels en tenue de travail (redingot et chaussures de bal), des chauffeurs, des noirs, des étrangers, des officiers et des juifs. Ils accordent des prix. Quand la course est finie, leur attention tourne des courbes de la piste aux courbes de la charmante voisine. Elle se penche sur la barrière dans une pose attrayante, ses chevaliers regardent son décolleté, à droite, à gauche, à droite, à gauche. C'est la course des six jours de la vie nocturne.

Sur les gradins, les travailleurs de Berlin, les nationalistes, les sociaux-démocrates, droite, gauche, droite, gauche, tous les sièges du palais des sports sont vendus depuis quatorze jours. Droite, gauche, droite, gauche, les districts du nord et du sud ont été dépeuplés, les maisons sont vides, de haut en bas, à droite et à gauche.

Et plus de la moitié des sièges appartiennent à des obsédés qui persévèrent du début à la fin des cent quarante-quatre heures. Dans les cercles sportifs de Berlin, il est bien connu que même le malheur des malheureux est adouci par l'institution des Six Jours. Le mari dominé peut rester loin de la maison pendant six jours et six nuits, sans crainte d'ètre sermonné. Même le mari le plus jaloux laisse sa femme seule et indéfense une demi-douzaine de jours et de nuits; elle peut aller où elle veut, droite, gauche, droite, gauche, manger tranquillement avec son amie, boire et dormir, car le mari est, corps et âme, aux Six Jours.

Des Six Jours, les spectateurs ne s'éloignent pas, qu'ils soient en congé du patron ou en arrêt maladie, qu'ils aient fermé leur magasin ou confié l'entreprise aux employés, qu'ils ne rendent pas visite aux clients, qu’ils soient en grève ou au chômage. Ce n'est qu'exceptionnellement que leur plaisir est prématurément interrompu, comme cela est arrivé à M. Wilhelm Hahnke, de la 139e maison de la Schönhauser Straße; au troisième jour de la course, l'orateur annonça aux sept mille spectateurs par le mégaphone: «Herr Wilhelm Hahnke, Schönhauser Strasse 139, rentrez chez vous, car votre femme est morte!" 


(ma traduction, pas très correcte sans doute)

Hemingway

Après avoir lu ce reportage de Kisch, je me souviens que Hemingway a aussi écrit à propos des Six Jours, non pas de Berlin mais de Paris, au Vel-d-Hiv. C'est dans son "Paris est une fête":
 


"Mais j’évoquerai le Vélodrome d’Hiver, dans la lumière fumeuse de l’après-midi, et les pistes de bois très relevées et le crissement des pneus sur le bois, au passage des coureurs, l’effort et la tactique de chaque coureur grimpant et plongeant alternativement dans les virages,  chacun faisant corps avec sa machine ; j’évoquerai la magie du demi-fond, le bruit des motos avec leurs rouleaux, montées par les entraîneurs, coiffés du casque pesant, contre les chutes, cambrés en arrière dans leurs lourdes combinaisons de cuir pour mieux abriter contre la résistance de l’air leurs coureurs, casqués plus légèrement, courbés très bas sur leurs guidons, leurs jambes tournant les grands pédaliers dentés, la roue avant, plus petite, frôlant le rouleau derrière la moto, qui offrait au coureur un abri, et les duels qui étaient ce qu’on pouvait voir de plus poignant, le pat-pat des motos, et les coureurs épaule contre épaule, roue contre roue, montant, descendant dans les virages, tournant à une allure meurtrière, jusqu’à ce que l’un deux, incapable de suivre plus longtemps le train, lâchait prise, se heurtant soudain au mur épais de l’air dont il avait été protégé jusque-là."


Thursday, 11 January 2018

Irmgard Keun, berlinoise en exil

Auteur Irmgard Keun

Irmgard Keun est née dans le quartier de Charlottenburg à Berlin en 1905 d’Eduard et Elsa-Charlotte Keun. Elle et sa famille vivent à Berlin avant de déménager en 1913 à Cologne.  En 1921 Keun fréquente une école de commerce, puis elle prend des leçons de sténographie et de dactylographie. Elle travaille ensuite comme sténodactylo. De 1925 à 1927 Irmgard Keun fréquente l’École de théâtre de Cologne. Quelques engagements s’ensuivent, mais avec un succès modéré. Pour cette raison elle met fin en 1929 à sa carrière théâtrale et commence à écrire, encouragée par Alfred Döblin. En 1932 elle épouse l’auteur et metteur en scène Johannes Tralow ; le couple divorce en 1937.

En 1931, son premier roman, Gilgi – l’une de nous, rend Irmgard Keun célèbre d’un jour à l'autre. De même, La fille de soie artificielle, 1932, est un succès commercial. Mais en 1933-1934 ses livres sont confisqués et interdits par le régime nazi.




"Nombreux furent les philosophes, les historiens, les artistes, qui composèrent avec le régime nazi. En revanche, écrit Klaus Mann dans Le Tournant, «les écrivains allemands - c’est une constatation satisfaisante - ont montré plus de valeur en 1933 que les membres d’aucune autre profession». Très vite, tout un pan de la littérature bascula dans l’exil. Parmi les représentants connus, même si son nom ne dit plus grand-chose, Irmgard Keun, 30 ans en 1935, auteur de Gilgi et de la Jeune fille en soie artificielle : en 1933, au moment où ils étaient traduits en France, ces deux best-sellers disparaissaient des bibliothèques et des librairies allemandes. Pour l’auteur interdit, il n’y avait plus qu’à faire sa valise. Mann : «Ceux que leur race compromettait ne furent pas les seuls à prendre le large ; avec eux, beaucoup partirent, dont le sang non juif était irréprochable : Fritz von Unruh et Leonhard Frank, Bertolt Brecht et Oskar Maria Graf, René Schickelé et Annette Kolb, Werner Hegemann et Georg Kaiser, Erich Maria Remarque et Johannes R. Becher, Irmgard Keun et Gustav Regler, Hans Henny Jahnn et Bodo Uhse, Heinrich et Thomas Mann : pour ne nommer que ceux-là.»



Keun n’a droit qu’à cette seule mention dans les mémoires de Klaus Mann. En 1941, elle figure dans une autre liste, celle des écrivains exilés suicidés. C’est une erreur. Mais elle laisse dire, cela lui permet de rentrer en Allemagne sous une fausse identité. Elle mourra en 1982, redevenue brièvement riche et célèbre, rééditée dans son pays (et en France), tardivement réintégrée parmi ses pairs, après qu’un ultime roman, en 1950, Tendre Ferdinand ( Balland le met à son catalogue en 1983) a échoué, sur le moment, à lui rendre son rang. Cette année-là, à 45 ans, elle s’est retrouvée mère célibataire. Dans les années 70, de jeunes féministes et de nouveaux admirateurs allaient s’intéresser à ce séduisant personnage déchu, alcoolique et psychiatrisé, vivant dans un dénuement à la fois imposé et choisi.



Pour la postérité, rien à faire, Irmgard Keun est surtout associée à la biographie de Joseph Roth, dont elle partagea l’existence vagabonde de l’été 1936 à fin 1937, jusqu’à ce qu’elle fuie sa jalousie étouffante. La pétillante Allemande et l’Autrichien «affligé» (l’expression est d’elle), de quinze ans son aîné, se rencontrent à Ostende. Ils travaillent dans les cafés enfumés, on les voit bien remplir des pages et des pages en vidant des verres au même rythme."



Claire Devarrieux, dans Libération, 28 mai 2014



Berlin_Gedächtniskirche


Le personnage principal de la fille en soie artificielle arrive à Berlin d'une ville de la Rhénanie. Elle rencontre toutes sortes de gens plus ou moins bizarres et a du mal à trouver son chemin dans la métropole. Ici, nous la voyons dans les rues autour de la Gedächtniskirche:

"Je vois ma propre image reflétée dans les fenêtres, et je pense que je suis jolie, et puis je regarde les hommes et ils me regardent, alors on se sent grand et important. Il y a la Gedächtniskirche avec une tour grise comme une huître - je peux manger des huîtres maintenant, de la bonne façon - le ciel a une sorte de reflets dorés dans le brouillard, et ça me donne envie d'aller à l'église, mais on ne peut pas à cause de toutes les voitures – il y a un tapis rouge devant, car il y a eu un mariage affreusement chic cet après-midi – le Gloriapalast brille et il a l’air important - comme un château, un château – mais en fait, c'est un cinéma et un café.Au pied de l'église il y a une clôture de chaînes en fer noir. Et il y a aussi le Romanisches Café où les hommes ont les cheveux aussi longs! Et là j'ai passé les soirées avec l'élite culturelle, ce qui veut dire une sélection des meilleurs, mais tous les amateurs de mots croisés savent cela et nous avons formé comme une coterie là bas, et le Romanisches Café est méconnaissable de nos jours et tout le monde dit maintenant: Seigneur, cet endroit où tous ces écrivains sans le sou passent leur temps, vous ne pouvez plus y aller. Et pourtant ils y vont. J'ai beaucoup appris là, c'était comme apprendre une langue étrangère. Et aucun d'entre eux n'a beaucoup de sous, mais ils vivent en tout cas, et certains membres de l'élite jouent aux échecs au lieu d'avoir de l'argent. Et cela prend beaucoup de temps, c'est finalement le but, mais les serveurs ne le voient pas de cette façon, car une tasse de café apporte cinq pfennig en pourboire, et ce n'est pas beaucoup d'un client qui passe sept heures à jouer aux échecs. "



Saturday, 6 January 2018

Weimar: le suicide d'une république


Book by Peter Gay - Weimar Culture

Peter Gay (1923 - 2015)

était un historien, éducateur et auteur americain. Né sous le nom de Peter Joachim Fröhlich à Berlin, il fit ses études au Lycée Goethe de Berlin. Il fuit l'Allemagne nazie et arriva aux États-Unis en 1941. Il a ensuite changé son nom de Fröhlich (allemand pour «heureux») en Gay. Il a été aussi un historien de la psychanalyse.

Elisabeth Roudinesco, dans Le Monde : 

 
D'un tempérament jovial et d'une belle ouverture d'esprit, Peter Gay s'est exprimé, dans son autobiographie, non traduite en français, sur la vie qu'il avait menée à Berlin, entre 1933 et 1938, au sein d'une famille juive athée et assimilée. Au début, son père poursuivit ses activités de négociant sans percevoir l'ampleur des dangers qui menaçaient sa famille. Enfant unique, excellent élève, le jeune Peter s'engagea dans des études savantes tout en se sentant plus allemand que juif. Mais, lorsqu'il fut chassé de l'école et que son père perdit son entreprise, il commença à comprendre qu'il n'était pas un Allemand ordinaire. Le nazisme lui révélait qu'il était d'abord juif avant d'être allemand. Jamais il ne devait l'oublier, alors même qu'il refusera tout retour vers un quelconque judaïsme, préférant se dire juif au sens de la judéité : un juif sans dieu.

Ce qui suit est un extrait de l'introduction 

...de son livre "Weimar Culture: The Outsider as Insider", 1968, publié en francais par Calmann-Lévy et Gallimard sous le titre « Le suicide d'une république, Weimar, 1918-1933 ».


« La République de Weimar a eu une vie courte, tourmentée et fascinante. Sa date de naissance est le 9 novembre 1918, date à laquelle l'empire germanique s'est effondré après quatre années de guerre, et l'empereur Guillaume II était sur le point de fuir en exil en Hollande; Sa date de décès est le 30 janvier 1933, date à laquelle le président Paul von Hindenburg, qui n'était plus à l'apogée de ses capacités mentales, nomma Adolf Hitler, chef charismatique du parti national-socialiste, au poste de chancelier. Comme il est documenté par la brève histoire de la république ajoutée à la fin de ce texte, c'était un âge de changements politiques presque continus, de tentatives courageuses pour atteindre la stabilité, constamment affaiblis par alternance des vicissitudes économiques - en particulier des récessions- et sabotée à droite par les forces antidémocratique, à gauche par les communistes fidèles aux ordres de Moscou. En même temps, la République de Weimar était un âge saturé par cette floraison culturelle exubérante qui attirait l'attention du monde entier sur la danse, l'architecture, le cinéma, la fiction, le théâtre, l'art et la musique produits en Allemagne. La république a donné une multiplicité très riche de stimuli culturels, presque disproportionnés à sa courte vie, à peine quatorze ans. »

Tuesday, 2 January 2018

Le centennaire de la UFA

UFA pavillon am Nollendorfplatz_Cinema
Premiere du film Metropolis a Berlin

UFA (Universum Film-Aktien Gesellschaft), était une société de production cinématographique allemande.


La Cinémathèque de Berlin accueille actuellement, et jusqu'en avril 2018, une exposition célébrant le centenaire de l'UFA.

Situés à Berlin, ses studios étaient les mieux équipés et les plus modernes du monde. Elle a encouragé l'expérimentation et le travail de caméra imaginatif et employé des réalisateurs comme Ernst Lubitsch, célèbre pour diriger des comédies sophistiquées, et G.W. Pabst, un pionnier dans l'utilisation expressive de la position de la caméra et des techniques d'édition.

UFA est créé en 1917 lorsque le gouvernement allemand consolide la plupart des principaux studios du pays. Son but était de promouvoir la culture allemande et, dans les années qui suivirent la Première Guerre mondiale, d'améliorer l'image internationale de l'Allemagne. Au début, UFA produit principalement des drames historiques et de costumes, dont Die Augen der Mumie Ma (1918, Les yeux de la momie) et Carmen (1918), tous deux dirigés par Ernst Lubitsch et mettant en vedette Pola Negri. La société acquiert rapidement plusieurs salles à travers l'Allemagne et inaugure le somptueux Film Palast am Zoo de Berlin avec la première de Madame Dubarry (1919) de Lubitsch, un succès international qui ouvre la porte aux films allemands dans des pays où ils étaient interdits depuis la guerre.

En 1923, le studio a acquis l'une des plus grandes installations de production au monde, à Babelsberg, à la suite de sa fusion avec la société de cinéma Decla Bioscop, qui avait produit Le cabinet du Docteur Caligari en 1919. Cette évolution coïncide cependant avec la popularité croissante des films hollywoodiens en Allemagne, et les crises financières qui en résultent pour l'UFA obligent le studio à produire des films documentaires pour la plupart peu coûteux au cours des prochaines années. Les accords de distribution avec les studios américains Paramount et Metro-Goldwyn-Mayer s'avèrent finalement désastreux, mais UFA se rassemble assez longtemps pour produire des classiques tels que Der letzte Mann (1924, Le dernier homme) de FW Murnau, Variété (1925) d'Edwald André Dupont, et Metropolis de Fritz Lang (1927).


Annonce pour Metropolis dans le Vossische Zeitung

Au bord de la ruine financière, l'entreprise fut rachetée en 1927 par le puissant financier Alfred Hugenberg, futur soutien de Hitler, qui a mandaté l'entreprise de se consacrer à des films promouvant le nationalisme allemand. La compagnie produisit tout de même des films notables comme Der blaue Engel (1930, L’ange bleu) et Der Kongress tanzt (1931, Le Congrès Danse) mais fut contraint de faire des films nationaux-socialistes presque exclusivement quand les nazis arrivèrent au pouvoir en 1933. 

(Encyclopedia Britannica)

Hannah Arendt

Qu'est-ce que Hannah Arendt (1906-1975) a à faire dans ce blog?