Tuesday, 28 August 2018

Ll'Allemagne de Weimar et la pornographie

Babylon Berlin
Une scène du tout premier épisode

Cette semaine, la magnifique série télé Babylon Berlin a finalement eut sa première en France, sur Canal Plus.



Dans l’une des premières séquences de la série, Gereon Rath, de la police berlinoise, et son collègue Bruno Wolter font irruption dans un atelier de photographie où on est en train de tourner un film porno avec du sexe explicite, mais en plus avec des personnages qu’on n’a pas l’habitude de rencontrer dans un tel contexte : Jésus, la Vierge, l’archange Gabriel… Une réplique du régisseur, qui prend vraiment au sérieux son travail « artistique », est mémorable : « Frieda, tu es en train de recevoir le Rédempteur, mais je ne vois rien de ça dans ton jeu... »



La police procède a l’arrêter, mais l’homme invoque l’article 118. Cet article, de la constitution de Weimar, interdisait en effet la censure. Sauf que, en 1920, une Loi du Cinéma avait été approuvée, qui entre autres dispositions, interdisait les films pornographiques. Donc, le réalisateur est arrêté en bonne et due forme. C’est d’ailleurs cette même loi de 1920 qui fut utilisée par le régime nazi pour prendre le contrôle sur l’industrie cinématographique.



Dans la foulée de la libération sexuelle des années 1920, de plus en plus de studios de photo commencèrent à produire des ainsi nommés Stag-Films, des court-métrages qui étaient par la suite exhibés dans de performances privées ou dans des bordels. Contrairement aux films porno français de la même époque, les productions allemandes étaient davantage axées sur le fétichisme.



Les imprimés au contenu pornographique, à la différence des films, étaient par contre tolérés dans une certaine mesure.

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Joachim Ringelnatz est le pseudonyme de l'auteur et peintre allemand Hans Bötticher (1883-1934).