Thursday, 25 October 2018

Une femme nouvelle voit le jour

Couverture de Fliegende Blätter, 1930

La Première Guerre mondiale impliqua un tournant décisif pour de nombreuses femmes, lesquelles durent assumer de nouvelles responsabilités dans la société et sur le marché du travail. En raison de l’absence d’hommes, engagés dans l’armée, le moral sexuel s’est considérablement altéré, du moins dans les grandes villes.
Après la fin de la guerre, le nouvel esprit ne disparut pas automatiquement. Le nombre de divorces augmenta fortement en 1919, les plus touchés étant les « mariages de guerre », arrangés à la hâte, mais aussi d'autres couples avaient été affectés sur le plan émotionnel par la séparation prolongée.

Après la fin de la guerre, avec le retour des soldats, la majorité des femmes ont été à nouveau écartées de la vie publique. Cependant, avec l’introduction du droit de vote des femmes au début de la République de Weimar, une revendication politique majeure du mouvement pour les droits des femmes devint réalité. L'évolution des concepts moraux constituait la base de l'émergence de la soi-disant Nouvelle Femme (Die Neue Frau) dans la vie quotidienne de la grande ville.


Foto: hemlinequarterly.wordpress.com
Un petit groupe de la population féminine, nées vers 1900, journalistes, écrivains, artistes, danseuses, étaient les protagonistes de ce phénomène de la Nouvelle Femme. Résidant principalement dans les grandes villes, elles rompent avec le style de vie de leurs mères. Elles voulaient exercer une profession et vivre dans une relation d'égalité avec leurs partenaires, ce qui n'excluait en aucun cas le mariage ou le désir de fonder une famille. Pour elles, le féminisme radical semblait désormais démodé. Elles s’intéressaient plutôt à façonner une nouvelle image de la femme dans cette jeune Allemagne que la République de Weimar était en train de créer.
La Nouvelle Femme appartenait le plus souvent à la classe moyenne supérieure, car elles seules avaient les moyens financiers de mener un mode de vie qui s’écartait du normal et de suivre les dernières tendances aussi bien dans les activités culturelles, de divertissement ou de loisirs. La pratique du tennis ou du golf, sports importés de la sphère anglo-américaine, leur donnait une nouvelle perception de leur corps.


Mais ce phenomène connu comme La Nouvelle Femme va au-delà de cette élite. D’autres femmes, principalement des employées de bureau, cherchaient à suivre le chemin des éclaireuses. Charlotte Ritter, la jeune protagoniste de la série télévisée Babylon Berlin, en est un bon exemple.
Des coiffures à la garçonne, une cigarette aux lèvres et des jupes jusqu'aux genoux sont devenus les traits distinctifs d'une nouvelle figure de la culture de masse, en particulier dans les années 20.

Cependant, avec la Grande Dépression de 1929 et ses conséquences sociales, l'image de la Nouvelle Femme indépendante perd de plus en plus son éclat. En tant que phénomène culturel, il disparaît de la vie quotidienne aussi rapidement qu'il était apparu.



Voir: Lebendiges Museum Online. Le texte ci-dessus est le résumé d'un article de Susanne Herzog, Deutsches Historisches Museum, Berlin, 2002.

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