mercredi 19 décembre 2018

Le Berlin de Marlene

https://www.youtube.com/watch?v=Zq6vz8GHx-4


Dans la série TV Babylon Berlin, épisode 4 de la première saison, un cadavre flotte dans les eaux de la Spree, sous les ponts, parmi les barcasses.
Une mélodie teintée de mélancolie et de douceur, chantée par Marlene Dietrich. C’est « Das ist Berlin », l’une de ses plus belles chansons.

Marlene, née au quartier de Schöneberg,  a fait partie du Berlin des années 20, elle en a été même une partie importante. Ça suffit de penser à « L’ange bleu », film iconique de l’époque. Mais cet enregistrement date de 1964. Quand elle chantait « Lola Lola » elle avait 28 ans. Quand elle chante « Das ist Berlin » elle en a 63 ans. Berlin est déjà son passé, un passé lointain. « Pour nous ce n’est que des souvenirs », chante-t-elle.

Je n’ai pas pu vérifier si les paroles, ainsi que la musique, sont d’elle. En tout cas, j’aime beaucoup cette chanson, même si elle n’a pas grande chose à voir avec le Berlin de 1929, avec les cadavres de trotskistes dans la Spree, avec l’Arménien et sa maffia du Moka Efti, avec Gereon Rath et Bruno Wolter.  Mais elle parle aussi des pavés berlinois, ces pavés que Helga, l’amie de Gereon, tenait pour « les plus dur du Reich ».

Le ton de cette chanson me fait penser a une autre de Hildegard Knef, une successeuse de Marlene : « Für mich, soll's rote Rosen regnen » (Il pleuvra des roses sur moi).

Et voici les paroles. C’est ma propre traduction, pas nécessairement très exacte.

Berlin, cette ville a été tant chantée
par des gens qui aujourd’hui gisent un bout au dessous de l’herbe
pour nous c’est juste des souvenirs
comme les contes que nous racontait notre mère

Y en a qui l’aiment, y en a qui la détestent.
Ça c’est Berlin, comme elle pleure, comme elle rit.

Berlin, Berlin, tu es un pavé chaud
Celui qui ne te connaît pas, s’y brûle le pied,
Là où la morale habite, habite aussi le vice,
Et les larmes fleurissent à côté des mièvreries.

Berlin, Berlin, on y vit dangereusement,
si quelqu’un tombe, personne ne se retourne,
mais s’il tombe bien, on ne manque pas de l’applaudir
Berlin, Berlin, tu est mon publique.

Lorsque la mère voit sa vie s’enfuir
elle se presse d’ajouter dans son testament :
« Ne m’oublies surtout pas, et n’oublies pas d’arroser papa »
C’est Berlin, comme elle pleure, c’est Berlin comme elle rit.
C’est Berlin, comme elle pleure, c’est Berlin comme elle rit.

En allemand :

Die Stadt Berlin hat mancher schon besungen,
Der längst heute liegt tief unter grünem Gras.
Für uns sind das bloß noch Erinnerungen,
Als ob uns Muttern was aus Märchen las.

Der eine liebt sie, andre wieder lästern.
Manches verging, was einstmals Staub gemacht.
Doch manches ist noch heute so, wie gestern.
Das ist Berlin, wie's weint, und wie es lacht.

Berlin, Berlin, Du bist ein heisses Pflaster,
Wer Dich nicht kennt, verbrüht sich leicht den Fuß.
Wo die Moral wohnt, wohnt auch gleich das Laster
Und der Verriss blüht neben süssem Schmuß.

Berlin, Berlin, hier lebt der Mensch gefährlich,
und rutscht er aus, dann dreht sich keiner um.
Doch haut er hin - dann ist der Beifall ehrlich.
Berlin, Berlin, Du bist mein Publikum.

Berlin, Berlin, wenn deine Blumen spriessen
Da draussen in der Laubenkolonie,
Sieht man Dich stehn und fleissig sie begiessen
Das Rosmarien und auch den Sellerie.

Fühlt Muttern ihre Lebenszeit verfliessen,
Im Testament wird schnell noch angebracht:
?Vergesst mir bloß nicht, Vatern zu begießen? - -
Das ist Berlin, wie's weint, und wie es lacht.
Das ist Berlin, wie's weint, und wie es lacht.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Marianne von Werefkin

Le propriétaire de la galerie Der Sturm, Herwarth Walden, a reconnu très tôt le génie de Marianne von Werefkin.