dimanche 29 septembre 2019

Une femme a marché sur la Lune !


Le cinéma de Weimar était allé sur la lune avant Stanley Kubrick et son Odysée de l’espace, avant même Tintin et le professeur Tournesol. Mais 27 ans plus tard que Georges Méliès, il est vrai.

La Femme sur la Lune (Frau im Mond) est un film muet de Fritz Lang de 1929, adapté d’un roman de Thea von Harbou, avec Willy Fritsch, Gerda Maurus, Klaus Pohl,  Fritz Rasp, Gustav von Wangenheim et Gustl Gstettenbaur, entre autres.

J’ai eu l’occasion de le voir tout dernièrement sur la chaîne Arte et ai été surpris par la qualité technique et artistique de la photographie de Curt Courant et Otto Kanturek. On est loin ici du cinéma expressionniste des années 1910 et 1920, on dirait un film beaucoup plus récent, par la précision de l’image, par le rythme.

Surtout, j’ai découvert (ou redécouvert plutôt) le charme du muet. Les films parlants, ne seraient-ils pas un peu trop bavards ? La seule image et le jeu des acteurs ne suffiraient-ils pas à nous transmettre les intentions du réalisateur, à nous émouvoir ? 

Je comprends un peu la réaction horrifiée de nombreux cinéastes lorsque le son arrive. Le son (et plus tard la couleur) prive le film de son identité spécifique, en tant que genre différent du théâtre. Pendant vingt ans, les réalisateurs ont développé une raffinée technique de narration par images, avec peu ou pas de mots. Et le public avait développé parallèlement une capacité d’interpréter ces images. Le son a tué le film, tel qu’on l’entendait jusqu'en 1929 en tout cas.

J’ai été happé par Frau im Mond, même s’il fait presque trois heures. J'ajoute qu'il est sur Youtube.




























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